BACCHANTE À LA CHÈVRE

> NATURE/CONSTRUCTION:   Ronde-Bosse en marbre, Haut. : 110cm ; Larg. : 203cm ; Prof. : 130cm 

> ÉTAT:   Toujours visible, état de dégradation important.

Coordonnées GPS:    

 44.83051, -0.56009

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Les bacchantes (plus rarement les bacchants), dans la mythologie romaine, constituent le groupe dominant des Bacchanales (danses orgiaques où participent des bacchants/bacchantes, des amours, satyres, faunes, etc ) . Les bacchantes, que les grecs désignaient sous le nom de Ménades, sont les suivantes de Bacchus  (Dionysos pour les grecs). Leur comportement est souvent terrible et sauvage lorsqu'elles entrent en transe. En fait, le culte de Dionysos/Bacchus et celui du vin auquel il est associé, est un culte de la libération. La transe (qu'apporte entre autre la boisson) libère les énergies spirituelles et permettent la compréhension de la nature et du divin.

Bacchus était considéré comme le dieu de la vigne, du vin et de la fête, mais il était aussi considéré comme la divinité de la végétation et de la danse. Le nom  de "Bacchus" est dérivé d'un mot grec qui signifie « crier », allusion aux cris des bacchantes ou des grands buveurs. 

Le destin divin de Bacchus commence au moment de sa conception. Jupiter tombe sous le charme de la séduisante princesse mortelle, Sémélé. Elle ne tarde pas à tomber enceinte du dieu des dieux. Une situation qui déplait fortement à la déesse Junon, l’épouse officielle de Jupiter. Guidée par sa jalousie, elle suscite chez Sémélé le désir de voir Jupiter sous sa forme divine. Une posture létale pour les non-dieux, éblouis par la puissance divine. Jupiter, ayant promis à la princesse d’exaucer ses souhaits, se présente, contraint, à son amante, sous son identité divine. Sémélé est immédiatement foudroyée. Du corps inanimé de son amante, Jupiter recueillit Bacchus dans sa cuisse.

Une fois sorti de sa cuisse, Jupiter confie Bacchus aux nymphes de Nysa. Elles se chargent alors de le protéger des mauvaises intentions de Junon à son égard. Jeune, on le dissimule d’abord sous l’aspect d’une chèvre. Selon les versions, on le cacha ensuite dans une grotte où il se nourrit des fruits d’une vigne. 

Plus tard, guidé par l’amour de la gloire que lui avait transmis son précepteur, Silène, il partit conquérir les Indes. Une fois vainqueur, il apprit aux Indiens à cultiver la vigne. Dès lors on le considéra comme la divinité du vin. Particulièrement friand de fêtes, il appréciait les orgies et les banquets qui avaient lieu en son nom.

Les Bacchantes étaient primitivement les nymphes ou les femmes que Bacchus avait emmenées avec lui à la conquête des Indes. Plus tard, on désigna de ce nom des jeunes filles qui, simulant un transport bachique, célébraient les Orgies ou fêtes de Bacchus par une attitude, des cris et des bonds désordonnés.


Bacchante et chèvre ou Bacchante à la chèvre est un groupe en marbre réalisée par Félix Soulès en 1896, située dans le jardin de l'École des beaux-arts de Bordeaux et appartenant aux collections du musée des Beaux-Arts de cette ville.

Félix Soulès expose le modèle en plâtre de ce groupe sous le titre Satyre et bacchante au Salon des artistes français de 1892.

Le 2 mai 1892, l’artiste écrit à Bourgeois, ministre de l’Instruction Publique et des Beaux-Arts pour lui demander d’acheter le modèle en plâtre de Chèvre et bacchante, exposé au Salon des Artistes Français depuis quelques jours. Il se fait appuyer par Armand Fallières, Président du Sénat, qui envoie un télégramme en juin 1892.

Commentaires du Président Fallières sur l’œuvre: “la rieuse divinité, tout enivrée des vapeurs de ses vingt ans, ne touchera pas le sol, se laissant admirer dans la blancheur admirable du marbre. De quelle langueur voluptueuse le sculpteur a su envelopper le léger frémissement de son être, et quelle délicatesse il a imprimé au charme de sa ravissante aventure !”

Face à une intervention de si haute importance, la décision d’acquisition du plâtre préparatoire par l’ administration des Beaux-Arts est fixée dès le 8 juillet 1892, au prix de 2500 F.

C’est sûrement un autre personnage puissant, Jean-Baptiste Darlan, le père de l’Amiral, qui a favorisé l’acquisition par l’État du groupe en marbre, comme en témoigne une correspondance du 23 juillet 1893 à Bourgeois. (Né à Nérac, Jean-Baptiste Darlan devient député du Lot-et-Garonne en 1890, à la place de Fallières, élu sénateur. La lecture des dossiers des commandes et acquisitions de l’État conservés aux Archives Nationales laisse apparaître qu’il a aidé Soulès à se faire une place de choix au sein des milieux artistiques officiels. D’autres commandes sont assurées grâce au célèbre avocat). En effet cinq jours après l’arrivée de la lettre du député du Lot-et-Garonne, le 29 juillet 1893, est signé l’arrêté de commande de l’œuvre pour une somme de 10 000 F, qui seront réglés en plusieurs versements à Soulès. 


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Le paiement du plâtre est intégralement versé le 19 juillet 1892, en une seule fois, alors que la commande du marbre a été payée en plusieurs versements : c’est le mode de paiement qui distingue, l’achat de la commande.

Une correspondance de Soulès à Roujon, directeur des Beaux-Arts, datée du 2 octobre 1897, nous apprend que le groupe en plâtre a été cassé à la corne de la chèvre et à trois doigts du pied droit de la bacchante, lors du transport au Dépôt des Ouvrages d’Art en 1897. Nous apprenons plus loin que l’œuvre en plâtre a été remise en état, mais qu’elle a été complètement détruite lors de l’inondation de Paris en février 1910.

Soulès enrage, car Gréber, son praticien, a commis des erreurs de mise au point et le marbre de Carrare est irrécupérable. Le sculpteur, qui jouit alors d’une grande notoriété, obtient après une longue attente un nouveau bloc qui est livré dans le bel atelier qu’il occupe au 26 rue Nansouty, près du Parc Montsouris. Cependant, le groupe en marbre a subi des modifications par rapport au modèle en plâtre par suite d'erreurs dans la mise au point.

L'œuvre en marbre est exposée sous le titre Bacchante à la chèvre au Salon des artistes français de 1896 (no 3848) et au Salon des artistes français de 1897 (no 3400). Le groupe est salué par le critique d’art Armand Silvestre dans La sculpture aux Salons, dans un livre dédié à Falguière. Les commentaires d’œuvres se présentent sous la forme de poèmes, de deux pages chacun environ. Chèvre et bacchante est décrite dans des vers on ne peut plus évocateurs :


“Le sang des grappes sur la lèvre l’or du soleil sur les cheveux livrant son corps souple et nerveux aux jeux bondissants de la chèvre du front de l’animal cornu La bacchante à terre jetée arquant son échine domptée développe son beau flanc nu En contemplant ces formes blanches aux contours fermes et confus derrière les hêtres touffus, Pan sourit à travers les branches”. “Car nous sommes aux temps lointains chers à mon rêve solitaire où venaient passer sur la terre des dieux charmants et clandestins où les nymphes à leurs épaules portant des carquois et des fleurs venaient danser sur l’aube en pleurs et sous l’ombrage frais des saules, où le souffle lent des plaisirs mêlait, dans l’haleine des roses, à l’âme immortelle des choses, l’âme immortelle des désirs. Au temps où j’aurais voulu vivre, parmi des êtres forts et beaux les étoiles pour seuls flambeaux et la nature pour seul livre”.

L’œuvre fut ensuite déposée au Musée des Beaux-Arts de Bordeaux le 5 avril 1898. En 1897, l'artiste est autorisé à exécuter une réduction d'après le plâtre. Extrait du discours qui concerne l’affectation à Bordeaux de Chèvre et bacchante : “L’État se serait bien gardé de laisser échapper l’occasion d’enrichir une de nos grandes collections publiques de ce morceau exquis, dont l’élégance le dispute à la saveur : il l’a acheté, pour en faire don au musée de Bordeaux."

Transféré par la suite dans le jardin de l'École des beaux-arts de Bordeaux, le marbre est aujourd'hui très abî: L'aspect général est sale, il a été tagué (au karcher?), les deux jambes sont cassées, l'oreille droite et les 2 cornes de la chèvre sont également manquantes.

Satyre et bacchante (Salon de 1892), groupe en plâtre, œuvre disparue en 1910. 

Bacchante à la chèvre (Salon de 1897), groupe en marbre dans son état original

Ronde-Bosse en marbre, Hauteur : 110 cm ; Largeur : 203 com ; Profondeur : 130 cm

Au XIXe siècle, la résurrection du mythe de Bacchus est éclatante et sans précédent. Le monde antique stimule l’imagination des artistes. Bacchus est porté en triomphe par une société en métamorphose, qui voue un culte aux joies matérielles, aux bénéfices de la boisson et de l’extase sensuelle...

Une jeune bacchante, souriante, nue et allongée sur un rocher recouvert de feuilles de nénuphars, est renversée par une chèvre. Cette dernière, est en train de la déséquilibrer en lui donnant un coup de tête sous les jambes.

NOTE: L’œuvre est aujourd'hui très abîmée (voir photos plus bas). Le marbre est fondu et sali. Les traits du visage de la figure ne sont pas visibles. Les pieds de la bacchante ainsi que les cornes et la barbiche de la chèvre sont cassés. Il n'y a plus de traces de signature et de date 

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Constante chez Soulès, l’admiration éperdue du corps féminin est au diapason avec les souvenirs d’Italie, mêlée à l’esprit des thèmes gracieux de Clodion. James Pradier reprend dans une large mesure cette tradition érotique du XVIIIe siècle. L’œuvre ne se distingue pas tant par l’interprétation gracieuse et dynamique de la bacchante déséquilibrée en avant, que par l’originalité du coup de tête de la chèvre sous ses jambes. Le recours aux motifs floraux et végétaux sur le rocher illustre pleinement le goût du style rocaille. Rien n’illustre mieux le XIXe siècle “collet monté” que cette scène plaisante et audacieuse qui montre une bacchante riant aux éclats, nue sur le gazon fleuri, le corps avec ses chairs lisses renversé sous la poussée de la tête d’une chèvre...


ANECDOTES ET INFORMATIONS ANNEXES

-  https://fr.wikipedia.org/wiki/Bacchante_et_Ch%C3%A8vre- http://www2.culture.gouv.fr/public/mistral/arcade_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_98=REF&VALUE_98=AR302877- http://www2.culture.gouv.fr/public/mistral/caran_fr?ACTION=RETROUVER&FIELD_98=Cote&VALUE_98=F%2f21%2f7664&NUMBER=12&GRP=0&REQ=%28%28F%2f21%2f7664%29%20%3aCOTE%20%29&USRNAME=nobody&USRPWD=4%24%2534P&SPEC=9&SYN=1&IMLY=&MAX1=1&MAX2=1&MAX3=100&DOM=All- http://www2.culture.gouv.fr/public/mistral/arcade_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_2=AUTR&VALUE_2=SOULES- https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/joconde/000SC021266- https://www.flickr.com/photos/29248605@N07/16049712131- https://www.lot-art.com/auction-lots/A-fine-copy-after-Une-Bacchante-by-William-Bouguereau-1825-1905-oil-on-canvas-115-x-185-cm/885-fine_copy-15.6.22-carlo- https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Fichier:Bouguereau_-_Bacchante_lutinant_une_chevre,_1862.jpg- https://www.flickr.com/photos/hugotte/25859271872/in/photostream/- https://www.parismuseescollections.paris.fr/fr/petit-palais/oeuvres/bacchante-0#infos-principales- https://www.metmuseum.org/art/collection/search/206341- https://useum.org/artwork/A-Set-of-16-Monochrome-Painted-Panels-of-Mythological-Scenes-a-Bacchante-and-a-Goat-Anonymous-1780- https://www.printsandprintmaking.gov.au/works/35859/images/5046/- http://www.artnet.com/artists/piat-joseph-sauvage/recumbent-bacchus-with-bacchant-bacchante-an-drm5WOZPTUVWFgP9pI6-wA2- https://www.mythologie.fr/Arts_Mythexpo_AnneLan_Bacchante.htm- https://www.mythologie.fr/Dictionnaire_B.htm- https://fr.wikipedia.org/wiki/Bacchus- https://m.tellnoo.com/lieu_bacchante-et-chevre_T011:Q17515944.html- https://www.artprice.com/marketplace/2335331/william-adolphe-bouguereau/pittura/bacchante-lutinant-une-chevre- https://fr.muzeo.com/reproduction-oeuvre/une-bacchante-representee-avec-une-chevre/william-bouguereau- http://musba-bordeaux.opacweb.fr/fr/search-notice/detail/fnac-407-baccha-0e2d6- https://e-monumen.net/patrimoine-monumental/soules/- https://www.ladepeche.fr/article/1999/09/13/271897-felix-soules-sculpteur-et-enfant-du-pays.html- http://www2.culture.gouv.fr/public/mistral/caran_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_1=REF&VALUE_1=ARC01129- https://anosgrandshommes.musee-orsay.fr/index.php/Detail/objects/14869- Revue Archéologique de Bordeaux, tome XCIV, année 2003, p. 299-307  Deux marbres de Soulès à Bordeaux par Béatrice Haurie- https://cheyartstack.wordpress.com/2017/03/29/les-expositions-dans-ma-ville-bacchante-2/- Retronews- Archives Journal Sud-Ouest

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