STATUE DE FRANCISCO DE GOYA

> NATURE/CONSTRUCTION:  Bronze, hauteur: 2,18 m, poids: 400kg

> ÉTAT:  Toujours visible.

Coordonnées GPS:    

1er emplacement:

44.84943, -0.57577 

2ème emplacement:

44.84288, -0.57637

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=> la CARTE:


Né dans la région de Saragosse, dans le milieu de la petite bourgeoisie, Goya vient d’une famille nombreuse. Son père est un artisan (maître-doreur) renommé, que le jeune Francisco assiste tout en fréquentant une académie de dessin. Son professeur, peintre baroque et collectionneur de gravures, lui apporte un soutien précieux. Déjà, le caractère du jeune Goya, volontiers bagarreur et dragueur, ne passe pas inaperçu !

Si l’on ne connaît pratiquement rien de ses premiers travaux (sans doute des tableaux religieux), il est certain que l’artiste a eu des difficultés à percer. Il n’est jamais primé dans les concours, ne parvient pas à obtenir de bourse de voyage… et finit par se rendre en Italie par ses propres moyens. À la fin des années 1760, il découvre donc sur place les plus grands artistes romains, florentins et vénitiens… et en particulier l’œuvre du Caravage, qui va l’influencer.

Revenu à Saragosse en 1771, Goya obtient ses premières commandes, à destination religieuse et souvent monumentales. Grâce à ses relations, il entre au service de la cour et s’installe à Madrid. Une nouvelle vie commence, d’autant plus qu’il est devenu père de famille ! (Il épousa, en juillet 1773, la sœur de Francisco Bayeu, Josefa Bayeu, âgée de 26 ans dont il eut plusieurs enfants, mais tous moururent en bas âge sauf, Francisco Javier, né le 2 décembre 1784.)

À la cour, Goya est employé à la Fabrique royale de tapisseries. Il y restera douze ans, réalisant des cartons nécessaires à leur confection. L’artiste est très apprécié du couple princier, même s’il n’obtient pas encore un statut privilégié. Son style n’est pas totalement libre, car il doit respecter un certain classicisme – il parvient cependant à introduire des éléments nouveaux en traitant de thèmes populaires et galants. Cette période est marquée par une maladie très handicapante (encore mal identifiée: Syphilis ou syndrome de Susac?) qui rend le peintre sourd. Il perd ainsi l'ouïe à 46 ans, un handicap qui aurait rendu sa peinture plus sombre et réaliste.

La carrière de Goya évolue profondément au cours des années 1780. À force de se démarquer, il attire définitivement l’attention du roi Charles III, et devient son peintre. Il sera aussi celui de son successeur, Charles IV. 

En 1799, il est nommé premier peintre de la cour d’Espagne. C’est la consécration : il réalise de prestigieuses commandes, des décors comme des portraits royaux… et la célèbre Maja nue. Il milite auprès de l’Académie Royale des Beaux-Arts pour plus de liberté artistique.

Dans le contexte de l’invasion de l’Espagne par les troupes napoléoniennes en 1808, Goya se politise. En adéquation avec les idéaux révolutionnaires qui ont agité la France quelques années auparavant, Goya condamne les crimes de guerre et voit avec inquiétude le rétablissement d’une monarchie autoritaire dans son pays. Il réalise à cette période une de ses plus célèbres séries de gravures (technique dans laquelle il excelle et qu’il n’a cessé d’expérimenter) : Les Désastres de la guerre (1810 – 1815). Son œuvre prend une coloration parfois satirique ou grotesque pour mieux dénoncer les travers de son époque.

En raison de sa surdité, il est amené à développer un style de plus en plus introspectif, « noir », marqué par ses angoisses comme par l’histoire de son pays, marqué par l’Inquisition et le fanatisme religieux. Son utilisation du clair-obscur exprime une forme de mélancolie, et certains sujets qu’il représente demeurent énigmatiques. Il finit par quitter l’Espagne pour la France et s’établit à Bordeaux. C’est dans cette ville qu’il meurt en 1828, mais son corps repose à Madrid. (voir §Anecdotes)


En mai 1823, la troupe du duc d'Angoulême, prend Madrid dans le but de restaurer la monarchie absolue de Ferdinand VII. Une répression des libéraux qui avaient soutenu la constitution de 1812, en vigueur pendant le Triennat libéral, a alors immédiatement lieu. Goya — de même que sa compagne Leocadia Weiss — a peur des conséquences de cette persécution et part se réfugier chez un ami chanoine, José Duaso y Latre. L'année suivante, il demande au roi la permission d'aller en convalescence à la station balnéaire de Plombières-les-Bains, permission qui lui sera accordée. Goya arrive en été 1824 à Bordeaux et continue vers Paris.

Il revient en septembre 1824 à et s'installe à Bordeaux, où, vivant parmi les exilés espagnols, il réalise de nombreux portraits, dont celui de l'auteur dramatique Moratín le Jeune. Il se familiarise aussi avec la lithographie, alors à ses débuts. Il fait encore deux courts séjours à Madrid (1826, 1827) et, peu avant sa mort, peint sa célèbre Laitière de Bordeaux, selon une technique renouvelée. Il vécut quatre ans dans la maison située au 57 Cours de l'Intendance (actuel siège de l'Institut Cervantes) où il y mourut en 1828. Il fut enterré au cimetière de la Chartreuse dans le mausolée de la famille Muguiro e Iribarren aux côtés de son bon ami et père de sa bru, Martín Miguel de Goicoechea .

Les espagnols (le consul d'Espagne Joaquín Pereyra) réclamèrent par la suite la dépouille (lors de l'ouverture du cénotaphe on se rendit compte que la tête avait été dérobée), qui se trouve aujourd'hui à l'ermitage San Isididoro de Madrid.

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Autoportrait de Francisco de Goya avec le Dr Arrieta,1820 

NOTE: Bordeaux vit l'installation d'une première effigie en bronze due à un artiste nommé Ignacio Zuloaga y Zabaleta et malencontreusement disposée au 39 du cours de l'Intendance où le peintre ne mit jamais les pieds.

En 1920, une autre plaque, confiée au bronzier Mariano Benllure, fut scellée au n° 57, celui de l'appartement de Goya où elle existe toujours.

Plaque sur la façade de la maison  au 57 Cours de l'Intendance  (Aujourd'hui le siège de

l'Institut Cervantes)

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La statue en bronze, située à Bordeaux, du peintre espagnol Francesco de Goya (copie de l'originale devant le musée du Pardo de Madrid), réalisée par Mariano Benlliure y Gil, est un don de la ville de Madrid à la ville de Bordeaux dans le cadre du jumelage.

Pour l'expression du visage, le sculpteur a pris pour modèle le portrait de Goya peint par Vicente López en 1826 (voir ci-contre).

Le buste en plâtre a été présenté par Benlliure à la 8e exposition du Círculo de Bellas Artes, avant que le monument complet ne soit dévoilé.

L'origine du buste de Goya se trouve dans les différents monuments commandés par le conseil municipal de Madrid pour célébrer la majorité d'Alfonso XIII. Pour l'occasion, Mariano Benlliure a réalisé une statue dédiée au peintre, qui a été inaugurée en 1902 dans le parc du Retiro et qui se trouve aujourd'hui devant la façade nord du musée du Prado.

La même année, l'artiste a présenté le détail du buste de Goya en plâtre comme une œuvre indépendante, à laquelle il a ajouté d'autres détails. Il a ensuite réalisé deux versions en marbre et plusieurs moulages en bronze entre 1904 et 1912, qui diffèrent sensiblement les uns des autres ; l'un d'eux a été acquis par l'État et est actuellement exposé au Musée du Prado. Dans les têtes suivantes de Goya moulées par Benlliure, celui-ci a utilisé un nouveau prototype basé sur le premier moulage en plâtre présenté en 1902, mais dans lequel il a introduit quelques modifications, notamment dans le traitement des cheveux - plus plats - et dans l'expression un peu plus dure du visage.

Benlliure a coulé plusieurs autres exemplaires basés sur ce modèle modifié, un en 1913 et quatre autres entre 1915 et 1916. L'un d'entre eux, datant de 1915, qui appartenait à la collection privée du sculpteur, a été donné par l'artiste lui-même au musée des beaux-arts San Pío V de Valence en 1940 et peut aujourd'hui être vu dans la galerie de l'établissement qui porte son nom.

Le buste exposé dans ce musée du Pardo constitue une œuvre "iconique" de ce sculpteur, le plus célèbre de l'Espagne des deux siècles et contemporain - et compatriote - de l'écrivain Vicente Blasco Ibáñez et du peintre Joaquín Sorolla, avec lesquels il formait "une triade de grands as de la culture".

Le sculpteur Mariano Benlliure a reproduit sur le socle de la statue de Goya à Madrid, une de ses peintures les plus connues: la "Maja Nue".

À l'origine, cette peinture et sa « sœur » La Maja vêtue, (toutes deux actuellement au Musée du Prado à Madrid depuis 1910), étaient appelés « Gitanes » et non pas « Majas ». 

La Maja nue découverte en 1807 par le roi Ferdinand VII, est confisquée, et cachée au public en 1814 par l’Inquisition, en étant condamnée pour « obscénité ».

La Maja vêtue (La maja vestida), quant à elle, est peinte, postérieurement par Goya entre 1802 et 1805.

(On a supposé que la personne représentée était la duchesse d'Albe, il s'agirait plutôt en fait de Pepita Tudó, maîtresse du premier ministre Manuel Godoy...)

Il se dit qu'en se fondant sur la similitude de la posture et les dimensions des deux Majas, qu'elles étaient disposées de façon que, par un ingénieux mécanisme, la Maja vêtue couvrît la Maja nue ; c'était une sorte de "jouet érotique" du cabinet le plus secret du premier ministre Godoy...

En 1986, la ville de Madrid a fait don à la ville de Bordeaux avec laquelle elle est jumelée (depuis 11 ans à l'époque) d'une statue de Francisco Goya, copie identique à celle qui est érigée devant le musée du Prado.

Cette œuvre en bronze, d'une hauteur de 2,18 m, d'un poids de 400kg, réalisée par le sculpteur Benlliure (jadis également directeur du Musée national d'Art moderne), a été officiellement remise à la ville en 1992. 

Mme Lacaton de l'association Arc-en-Rêve fut chargée par la Mairie de trouver une place pour la statue et d'en réaliser le socle. Elle sera finalement érigée sur un piédestal, dans le jardin public, à proximité de l'entrée nord-est du cours de Verdun (angle rue d'Aviau - cours de Verdun), sous un superbe chêne vert, de ceux que l'on trouve aux alentours de Madrid...

Cette statue a été inaugurée le 28 mars 1995 par M. Lavroff (représentant de Jacques Chaban-Delmas) et le consul général d'Espagne, M. Garcia Mufloz. M. Lavroff déclara: « Goya est enfin revenu dans sa ville et cette statue symbolise le renouveau des relations entre Bordeaux et la capitale d'Espagne ».

En 2006, l'association des "Amis du Jardin public" (sorte d'association de riverains appliquée à un espace vert, fondée par Laurent Cittone au lendemain de la tempête de 1999) suggèrera un nouveau positionnement de la statue de Goya, « mal mise en valeur et souillée par les pigeons ». En effet, cette statue était peu remarquée, car elle souffrait aussi de l’humidité et de la végétation environnante. 

Le 4 Juin 2007 la statue est retirée de son emplacement initial au Jardin Public.

Le 17 janvier 2008, la statue de Francisco de Goya a donc été déplacée et restaurée avec le soutien de la Fondation du Patrimoine. Elle a été ensuite inaugurée place du Chapelet, entre la cour Mably et l’Église Notre-Dame,  le 28 mars 1995, par le maire de Bordeaux et M. le Consul général d'Espagne. Cette nouvelle adresse ne doit rien au hasard : Goya, né à Saragosse en 1746, s'était éteint à Bordeaux en 1828; une cérémonie funèbre lui avait alors rendu hommage dans l'église Notre-Dame qui donne justement sur la place du Chapelet.

La signalétique patrimoniale de la place du Chapelet a été traduite en anglais et en espagnol à cette occasion.

(Photos du journal Le Sud-Ouest)



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Commandée par l'ancien maire de Madrid, Alberto Aguilera, au prestigieux sculpteur Mariano Benlliure en 1902, dans le but de la placer dans une fontaine, devant et à droite de l'ermitage de San Antonio de la Florida, où l'artiste repose aujourd'hui , il a finalement été décidé de la placer sur un piédestal dans le Paseo de Coches del Parque del Retiro, en face de la Casa de Fieras (à l'endroit maintenant occupé par la statue de la déesse Héra).

Elle y a été inaugurée le 5 juin 1902, mais trois ans plus tard, et à la suite d'un décret du maire Eduardo Vicente, la statue sera déplacée dans la rue Goya, près de son intersection avec le boulevard Velázquez, afin d'embellir ce secteur d'un quartier naissant de Salamanque.

En 1946, elle a été déplacée (où elle se trouve actuellement) dans l'une des entrées du Musée du Prado à laquelle elle donne son nom.

13 février 1946 - Un tramway arrache la tête du monument à Goya de Mariano Benlliure, tombé au sol, situé dans la Rue Goya.


ANECDOTES ET INFORMATIONS ANNEXES

=> La dépouille (sauf sa tête) repose aujourd'hui à MADRID, le chemin pour y arriver fut long (91 ans) et sinueux: il fut enterré 4 FOIS !!! . ☠️ 💀 


(Rappel: Un cénotaphe est un tombeau élevé à la mémoire d'un mort et qui ne contient pas/plus son corps, à l'instar de celui de Montaigne...)

Francisco Goya a 82 ans quand, dans la nuit du 15 au 16 avril 1828, il succombe à une attaque cérébrale en sa résidence du 57, cours de l’Intendance . Goya est inhumé (auprès de son beau-père), le 17 avril au cimetière de la Chartreuse, avec son chapelet, sa palette… mais sans sa tête !

En 1888, le gouvernement espagnol obtient le rapatriement des cendres du peintre.

En 1928, le premier centenaire de la mort de Goya a été célébré. La mairie de Bordeaux a donné ce monument à la mairie de Saragosse, qui l'a placé dans le "Goya Corner", construit pour célébrer l'événement. Il était à l'origine installé dans les jardins du Rincón de Goya, dans le Parque Grande, mais en 1946, il a été déplacé sur la Plaza del Pilar à l'occasion du centenaire de la naissance du peintre. Lorsque la Banco Zaragozano a payé le monument à Goya sur la Plaza del Pilar, il y a été déplacé, et il y est toujours aujourd'hui face à la statue de Goya.

Le corps de Goya sera exhumé en 1899 pour être transféré à Madrid en mai 1900, d’abord dans la crypte de l’église collégiale Saint-Isidore (ancienne cathédrale de la ville).

Puis ensuite placé dans une tombe collective des Hommes illustres du cimetière Saint-Isidore (Cementerio de San Isidro ou Sacramental de San Isidro)

Le 29 novembre 1919, ses restes sont transférés à l'église San Antonio de la Florida (un "voyage" de seulement 3 kilomètres), sous la coupole qu’il avait peinte 120 ans plus tôt. Il y est dit qu'un parchemin a été déposé dans la tombe, signé par Alphonse XIII, avec le texte suivant : "Le crâne manque au squelette, car lorsque le grand peintre est mort, sa tête, comme on le sait, a été confiée à un médecin pour une étude scientifique, mais elle n'a pas été remise plus tard dans la tombe et n'a pas été retrouvée lorsque l'exhumation a été effectuée dans cette ville française".

Une statute assise de GOYA, réalisée par José Llaneces, est située à l'extérieur, face à l'église San Antonio de la Florida. L'artiste a envoyé de Paris en 1901 sa statue assise de Goya, qu'il a finalement donnée à l'État espagnol en 1904 et qui est aujourd'hui propriété municipale. La sculpture fut précédemment installée sur les marches nord du musée du Prado, puis déplacée en 1925 vers l'escalier principal de la Casa de la Villa. Et enfin, en 1986, déplacée à son emplacement actuel au rond-point de San Antonio de la Florida, remplaçant la tête de Goya (ci-contre) réalisée par le sculpteur Juan Cristóbal, une sculpture qui se trouve aujourd'hui dans les jardins du parc San Isidro de Carabanchel.

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GOYA MOURUT en avril 1828 à Bordeaux où il fut enterré. 50 ans plus tard, l’État espagnol sollicita des autorités bordelaises le rapatriement de sa dépouille. L'exhumation se déroula le 16 octobre 1978 au cimetière de la Chartreuse. A la stupeur générale, la tête de l'artiste avait disparu!

Le récit de cet événement, évoqué dans l'ouvrage « Goya y Burdeos », décrit la découverte de « débris d'un colosse à la forte épine dorsale voûtée, aux tibias énormes (...). Il n'y avait pas à en douter un instant, c'était là ce qui restait du célèbre peintre dont la stature (...) était remarquablement élevée et puissante ». Le crâne, lui, était absent.

En ces débuts, dits « obscurantistes », de la médecine moderne, une école promue par un Autrichien, le docteur Franz Joseph Gall, séduisait le monde des praticiens savants (la "phrénologie": Théorie selon laquelle les bosses du crâne d'un être humain reflètent son caractère. Pratique dont le crâne de Léon Gambetta fit également les frais).

On cherchait donc à déchiffrer les empreintes laissées dans la boîte crânienne par le cerveau, croyant y discerner ce qui différenciait certains individus des autres. Cette « crâniomancie » faisait appel à l'étude des crânes de criminels, d'aliénés, d'intellectuels, d'artistes, etc. Bordeaux possédait aussi des émules de cette neurophysiologie naissante en les personnes, notamment, des professeurs De Sèze et Pierre Brulatour.

C’est ainsi qu’un certain Dr Charles Henri Gaubric, brillant anatomiste bordelais, auteur d’une thèse soutenue en 1820 à Montpellier sur les traumatismes du crâne, et par ailleurs proche de Leocadia Zorrilla y Galarza/Weiss (maîtresse et dernière compagne du peintre), aurait, avec l’autorisation de cette dernière qui sans doute se laissa convaincre au nom de la science, commandité et exécuté l’acte sacrilège.

Lequel eut lieu dans le laboratoire du professeur Brulatour, « spécialiste de l’anatomie et de la neurophysiologie du cerveau », au sein de l’école de médecine de Bordeaux, d’après l’acte laissé par le Dr Gaubric dans le cercueil du peintre, et que l’on ne découvrit, en même temps que l’absence du crâne, que soixante ans plus tard, en 1888, lorsque l’Espagne demanda qu’on lui rende la dépouille de cette grande figure nationale, symbole de liberté.

Quels furent les résultats de la « craniotomie » pratiquée par les savants, et à quelles conclusions arrivèrent-ils ? Aucun document, nulle part, ne fut jamais retrouvé à ce sujet, mais le crâne de Goya, lui, ne fut pas pour autant « restitué à la dépouille, comme l’indique l’acte du Dr Gaubric, mais conservé dans une salle d’anatomie de l’École de médecine », où il resta près d’un siècle, devenant bientôt un élément parmi d’autres de l’ossuaire de travail des internes.

Vanité 1849 par Dionisio Fierros

À l’aube des années 1950, le crâne serait réapparu dans l’arrière-boutique d’un cabaret-café espagnol juste en face de l’école de médecine, (situé en plein quartier des Capucins, un quartier populaire prisé des réfugiés espagnols dans l’entre-deux guerres) le Sol y Sombra – « le soleil et l’ombre », en référence aux arènes espagnoles que Goya aima tant fréquenter, et où le prix des places n’était pas le même selon qu’elles étaient à l’ombre ou au soleil ? 

L’École avait alors décidé de renouveler son ossuaire. Un étudiant qui fréquentait le « Sol y Sombra », comme d’autres établissements de ce quartier où la jeunesse bordelaise venait volontiers s’encanailler (il n’était pas rare d’y assister à un spectacle de flamenco tout en y dégustant une soupe au fromage à deux heures du matin), proposa alors aux tenanciers de leur faire passer le crâne de leur génie national, plutôt que celui-ci soit jeté avec les autres pièces dans la fosse commune d’un cimetière municipal.

C’est du moins ce que relate alors la presse espagnole, donnant ainsi au prestigieux crâne une popularité certaine, les habitués du « Sol y Sombra » allant volontiers le saluer lors de leurs joyeuses tournées.

Jusqu’à ce que l’établissement ferme du jour au lendemain à la suite d’un crime passionnel, une certaine nuit de 1955. « Tout son mobilier fut vendu aux puces de Meriadeck – et le crâne de Goya avec ».

Aujourd’hui, il ne reste plus rien ni du Sol y Sombra, ni du marché de brocanteurs de Meriadeck, ni du campus de la faculté de médecine (qui a déménagé), ni, d’une façon générale, du visage de Bordeaux que connut Goya. Mais le crâne du peintre lui, pourrait être toujours là, quelque part, possiblement dans le quartier des Capucins? Le nom de Goya doit y être écrit à l’encre noire. »


En 1849, commanditée par le marquis espagnol San Adrian (qui avait posé pour Goya), apparut une vanité (voir ci-dessus) signée en bas à droite par le peintre Fierros(1827-1894). En 1918, on retrouve la trace de l’œuvre qui fut achetée par un collectionneur Hilarión Gimeno chez un antiquaire de Saragosse. Lors du centenaire de la mort de Goya, Hilarion Gimeno l’offrit en grande pompe au musée de Saragosse. Ainsi au dos de la vanité, à même le cadre, à l'encre sépia, les lettres arrondies du marquis indiquent ceci: "Le crâne de Goya peint par Fierros".

L'histoire veut que le fils de Fierros, étudiant en médecine, aurait emporté le crâne à Salamanque et l'aurait brisé au cours de ses expériences. Dans les deux cas, la question du comment le crâne aurait été subtilisé reste entière, et celle de sa subsistance aussi. Peut-être est-il encore quelque part, à prendre la poussière sur une étagère de l'Université de Salamanque

Or, selon un expert du travail de Fierros, les inscriptions portées sur le cadre n'impliquent pas que le crâne peint par Fierros était celui de Goya...

Il y a peu de temps, le musée d'Aquitaine à Bordeaux pense avoir trouvé dans ses caves les restes de l'écrivain français Michel de Montaigne (1533-1592). À côté du cercueil de ce dernier, ils ont trouvé un crâne et une mâchoire d'origine inconnues qui ne correspondraient pas au reste des ossements... S'agirait-t-il de Goya, décédé à Bordeaux le 16 avril 1828 ? Des analyses sont en cours...



De son vivant, GOYA rêvait dit-on d'être enterré aux côtés de celle qui fut sans doute son amante, Marie Cayetana de Silva, plus connue comme la duchesse d'Albe et qui aurait hanté toute son œuvre...

=> Elle aussi fut exhumée en 1945 pour subir une autopsie, et les rumeurs racontent qu'il lui manquait un pied… !

Les "Goya", prix institués par l'Académie des arts et des sciences cinématographiques d'Espagne (1ère cérémonie de remise le 16 mars 1987 au Théâtre Lope de Vega à Madrid) , étaient initialement représentés par un buste de Goya du sculpteur Miguel Berrocal, "inspiré" du buste de Mariano Benlliure.

Lorsque D. Antonio Giménez Rico devint président de l’Académie et compte tenu du poids excessif de cette première sculpture, une nouvelle statue-buste fut commandée au sculpteur José Luis Fernández, qui mit au point un nouveau buste en bronze, plus petit , représentant Le peintre. Cette seconde statuette n'est pas une "création" personnelle du sculpteur José Luis Fernández, car elle est clairement "inspirée" du buste de Goya par Mariano Benlliure, dont on peut voir un des moulages en bronze dans les salles consacrées au peintre au Musée du Prado, et un moulage en plâtre au Musée de la Real Academia de San Remando à Madrid. 

Original de Benlliure

1ère statuette de Miguel Berrocal

Statuettes actuelles par l'artiste

sculpteur José Luis Fernández

Comme de nombreuses célébrités, Chantal Goya a eu recours à un pseudonyme pour faire carrière – surtout quand on sait que le patronyme de ses parents est "de Guerre". Alors qu’elle était déjà fiancée à Jean-Jacques Debout, elle s’est rendue chez des amis à Biarritz qui recevaient dans leur somptueuse propriété tout le gratin mondain (y compris Frank Sinatra) et le propriétaire avait accroché sur son mur une réplique de ce tableau de Goya.

Elle raconte la suite. "Je regardais ce très beau tableau de Goya et mon ami me dit "Tu vois ce petit garçon qui est là on dirait Chantal petite, alors je pense qu'un jour si elle chante elle devrait s'appeler Chantal Goya"

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> Création de la page & publication: 05 MARS 2022. Posté le même jour sous pseudo "Djé Karl" sur le groupe public Facebook Bordeaux Je Me Souviens: LIEN du post. Cette page est également sauvegardée via l'outil the Wayback Machine, qui peut tracer la date exacte de publication et son contenu, pouvant ainsi attester de toute antériorité des données par rapport à une publication recopiée/reproduite sans accord...