STATUE DE LA SCULPTURE

> NATURE/CONSTRUCTION:   Marbre

> ÉTAT:   Toujours visible

Coordonnées GPS:    

44.83812, -0.58136

Cliquez sur:

=> la CARTE:


C’est Bonaparte qui crée dans 15 grandes villes de province des dépôts de tableaux pour diffuser en France les œuvres d’art qui provenaient des collections du roi et des prises de guerre faites à l’étranger, en Italie notamment. Les premières collections publiques bordelaises voient ainsi le jour en 1801.

En 1811, le peintre bordelais Pierre Lacour est nommé directeur de l’école de dessin et conservateur du musée, il ouvre au public une galerie d’exposition.

Avec le développement des collections, cette galerie devient vite trop exiguë et est transférée en 1821 dans l’aile nord du palais Rohan.

Après les incendies de 1862 et 1870 qui détruisirent partiellement les collections installées dans une aile de la Mairie de Bordeaux.

(Dans la nuit du 7/12/1870, l’incendie du palais provoque la disparition de 16 tableaux ainsi que la destruction de la partie supérieure du tableau de Delacroix, La chasse aux lions. Voir ci-dessous.)

Il devenait alors urgent de construire un local approprié aux collections….

De 1875 à 1881, deux ailes perpendiculaires à l’hôtel Rohan sont construites sur les plans de l’architecte Charles Burguet. Il fut architecte de la ville de 1851 à 1879, le Musée de Peinture et de Sculpture de Bordeaux est son œuvre officielle, la plus personnelle, car elle lui a donné l’occasion de réaliser son idéal éclectique. Malheureusement, il n’a pas vu terminer la construction car, si la première pierre fut posée le 25 mai 1875, l’achèvement n’eut lieu qu’en 1881, deux ans après sa mort...

Le musée est constitué par deux ailes parallèles qui se font face, longues d’une centaine de mètres et larges de quatorze mètres chacune. Les deux ailes sont perpendiculaires au bâtiment de la mairie. Ces deux ailes se terminent par des pavillons donnant sur le cours d’Albret et ouvrant sur les jardins de la mairie. L’accès aux ailes se fait par ces pavillons mais aussi par des entrées situées du côté mairie (aujourd’hui fermées).

Le décor sculpté des pavillons sur les façades du cours d’Albret se compose de quatre bustes et de deux statues.


On peut voir ci-après les différents projets des pavillons à construire sur le cours d'Albret en 1875. Dès le départ, il est prévu à chaque extrémité des 2 ailes de créer des niches pour recevoir des statues. (Les 4 niches des façades des 2 ailes faisant face à l'Hôtel de Ville resteront vides: voir §Anecdotes en fin de page)

Dans le but de combler les niches laissées vacantes en 1881 à la fin des travaux de construction du Musée de Peinture et de Sculpture, la Ville fait appel au sculpteur local Pierre GRANET (déjà connu notamment pour son groupe Jeunesse et Chimère exposé au Salon de 1875.)

L’installation de ces statues s’est faite avec difficulté :


Enfin, on peut trouver plus tard, un courrier de Granet sollicitant la municipalité de Bordeaux pour l’achat de son groupe Jeunesse et Chimère : “je voudrais par cette œuvre effacer le mauvais effet produit par l’une de mes statues de la façade ouest de la mairie qui laisse à désirer, je le reconnais”. Assuré de l’aide financière de la direction des Beaux-Arts de Paris, il fait une première proposition de 8 000 F. et offre pour le prix un groupe en bronze représentant “L’Enfance de Bacchus”. La ville refusera “L’Enfance de Bacchus” mais consentira à acquérir “Jeunesse et Chimère” (voir ici: https://www.bordeaux-qqoqccp.fr/themes/statues-de-bordeaux/jeunesse-et-chimere).

.

(Projet final retenu, excepté l'élévation des 2 toits)

L'allégorie de la Sculpture est représentée sous les traits d'un personnage féminin, bien que le visage et les épaules ont plutôt des aspects assez masculins.

La statue est drapée uniquement au niveau des hanches, tout le reste de son corps est nu. Elle a les cheveux attachés derrière la tête et coiffés d'une couronne de laurier.

Elle a aussi, comme la statue de la Peinture du pavillon sud (https://www.bordeaux-qqoqccp.fr/themes/statues-de-bordeaux/statue-de-la-peinture), la jambe gauche en avant, avec le pied reposant sur un chapiteau de colonne d'ordre composite (avec l'inscription dessous: "P. GRANET").

Dans sa main gauche, elle tient la statuette de l’Écorché accroupi de Michel-Ange. Et dans sa main droite, elle tient une boulette de terre glaise à modeler.

On trouve également à l'arrière de sa jambe gauche un ornement vertical muni d'une tête de félin (probablement un lion héraldique) avec une langue étrangement longue, et sur le bas une tête d'anatidé (canard/cygne).

Au pied droit de la statue, on trouve un burin et un marteau, ainsi que le masque de Jupiter Olympien. (Le même masque non loin dans les Jardins sur la statue du Génie de le Sculpture: https://www.bordeaux-qqoqccp.fr/themes/statues-de-bordeaux/statue-genie-de-la-sculpture )

Note: La proximité de la route, la hauteur de la statue et la présence de drapeau & lampadaire, fait qu'il est difficile d'avoir assez de recul et un champ de vision assez libre pour considérer correctement l’œuvre.

Michel-Ange pratiquait lui-même la dissection et l'étude des corps.

Cette statuette, très répandue dans les ateliers d'artistes, deviendra un exercice d'étude classique.

La Statue chryséléphantine de Jupiter (Zeus pour les grecs) à Olympie en Grèce, œuvre du sculpteur athénien Phidias, était jadis considérée comme la 3ème merveille du monde. Sculptée et construite en ivoire et or, vers 436 av JC, cette statue aurait mesuré 12 mètres de haut.

Elle a trôné à Olympie pendant des centaines d'années avant d'être détruite par les dirigeants chrétiens aux Ve et VIe siècles.

(Sans ruines ni représentations graphiques, des doutes subsistent quant à l’importance de cette merveille.)

Le dieu était couronné d'un rameau d'olivier. Dans la main droite, il tenait une statuette de Niké, personnification de la victoire, elle-même représentée couronnée d'un bandeau et d'une guirlande. Ses proportions restent ignorées. De la main gauche, Zeus tenait un sceptre richement décoré, sur lequel un aigle était perché. Drapé dans un himation (manteau) brodé de figures animales et de fleurs, le dieu portait des sandales. Son trône comportait une décoration à la fois sculptée, incrustée (pierres précieuses, ébène) et peinte. Quatre petites Victoires dansantes couronnaient les pieds du trône.


ANECDOTES ET INFORMATIONS ANNEXES

Les façades des ailes côté mairie :On y accède en franchissant trois marches, une large porte de bois surmontée de l’inscription MUSEE en lettres capitales dorées se trouve dans une arcade en plein cintre elle-même encadrée par deux niches vides.

L’ensemble est surmonté d’un fronton circulaire surbaissé dans lequel un décor en bas-relief présente une tête de femme.

Celle de l’aile nord est casquée et auréolée de serpents, celle de l’aile sud est coiffée de rayons de soleil.


> PROJETS D'ORIGINE:

> Les 4 niches sur les côtés des ailes le long des rues Élisée Reclus et Montbazon sont elles aussi restées vides:

Le résultat de mes recherches & synthèse des informations, de la construction des sections & mise en forme, et de la découverte des données d'illustrations/photos sur cette statue de la Peinture sont entièrement issus de mon travail personnel. Je cite mes sources ci-dessus 📜.

Néanmoins, conformément aux conditions de Google Sites, le fruit de l'élaboration personnelle de cette page et de ses données ne peut être reproduit sans consultation ni accord préalable. Dans le cas seulement d'un accord de ma part via la rubrique §CONTACT, la réutilisation ne pourra se faire qu'avec citation du lien de ma page en source d'information. Ne faisant moi-même aucun bénéfice financier, aucune exploitation commerciale directe ou indirecte des sources ci-dessus et/ou de mes données propres sur cette page n'est tolérée ⛔️. (LOGO "Bordeaux QQOQCCP": marque déposée). Merci à vous.

La diffusion seule et gratuite du lien de cette page reste bien entendu entièrement libre et encouragée 😉.

> Création de la page & publication: 11 Juillet 2022. Posté le même jour sous pseudo "Djé Karl" sur le groupe public Facebook Bordeaux Je Me Souviens: LIEN du post. Cette page est également sauvegardée via l'outil the Wayback Machine, qui peut tracer la date exacte de publication et son contenu, pouvant ainsi attester de toute antériorité des données par rapport à une publication recopiée/reproduite sans accord...